Doctrine d'Aureïa

L'unique Loi

L’unique Loi, indubitable et indémontrable est celle de l’existence. C’est la vie et la mort tout à la fois, des transformations qui produisent et détruisent des contextes, soit des formes, des structures, des organisations.

Cette Loi ne peut être ni démontrée, ni niée, ni ignorée, on ne peut que l’admettre.

Elle ne prouve ni ne prescrit rien par elle-même : elle est.

Les deux Principes

L’existence est la résultante de deux principes fondateurs en action conjointe : l’Essence et la Matrice.

L’Essence est informante, structurante et ne peut pas être observée directement, on ne peut que la deviner à partir du monde. On peut induire son existence parce que les formes réelles montrent des tendances, des similarités, des lois.

La Matrice est féconde et consommante, elle manifeste la réalité à partir des informations de l’Essence mais la détruit aussi. Elle permet à l’Essence de prendre forme mais seulement de façon éphémère, dans l’espace et le temps.

Ces deux principes ensemble forment la réalité, on ne peut concevoir cette dernière sans les deux premiers.

Les trois Piliers

Aureïa est un idéal, un horizon utopique de réalisation. Elle repose sur trois piliers fondamentaux qui ne peuvent être dissociés : la Vérité, la Liberté et la Beauté.

La Vérité, c’est la recherche de la véritable connaissance, celle qui nous permet de comprendre comment fonctionne le monde.

Elle peut être poursuivie par l’intuition, la philosophie et la science. Ces trois approches sont nécessaires et s’alimentent l’une l’autre.

La Liberté, c’est l’assomption de l’ampleur de sa propre capacité et de celle d’autrui à s’autodéterminer.

L’expression de cette liberté peut conduire à des frictions, des conflits, des désaccords. Cela fait partie de la diversité de l’existence et n’est pas un mal en soi tant que les trois Piliers ne sont pas menacés.

La Beauté, c’est la tendance à l’harmonie, c’est l’expression d’une volonté de plus grand bonheur pour tout ce qui existe.

La Beauté est un chemin et tous ne l’empruntent pas de la même façon. Aucun être n’en est définitivement exclus, chacun peut à tout moment emprunter le chemin de la Beauté.

Les trois Piliers fonctionnent ensemble car avantager l’un au détriment des autres conduit à les renier tous les trois.

Chercher la Vérité sans égard pour la Liberté ou la Beauté, c’est tendre vers l’aseptie et la violence. On ne peut pas forcer la Vérité sur autrui, on ne peut que la proposer.

Assumer la Liberté sans égard pour la Vérité ou la Beauté, c’est tendre vers la laideur et le chaos. On ne peut pas forcer la Liberté sur autrui, on ne peut que la favoriser.

Poursuivre la Beauté sans égard pour la Vérité ou la Liberté, c’est tendre vers l’incompétence et la rigidité. On ne peut pas forcer la Beauté sur autrui, on ne peut que l’incarner.

Lorsque la Vérité est correctement poursuivie, les êtres sont savants.

Lorsque la Liberté est correctement assumée, les êtres sont libres.

Lorsque la Beauté est correctement incarnée, les êtres sont beaux.

Lorsque les trois Piliers sont correctement manifestés, les êtres sont auréiques.

La Vérité se reconnaît au fait de formuler et exprimer une pensée juste, profonde, claire, cohérente et capable de correctement expliquer le monde et anticiper ses évènements.

La Liberté se reconnaît au fait d’être courageux, audacieux, créatif, curieux, aventureux, au fait de ne pas être esclave de la norme et de ne pas être esclave du hors-norme.

La Beauté se reconnaît à la santé, la joie, l’émerveillement en soi-même et suscité chez autrui, le rayonnement de l’être, son caractère inspiré et inspirant, sa résistance et sa résilience à ce qui s’oppose à lui, sa capacité à répandre cette Beauté dans le monde.

Les sept Critères

Manifester Aureïa requiert de respecter sept critères, qui sont toujours évalués à partir d’un contexte de base, soigneusement posé : que souhaitons-nous faire ? Pour qui ? Pourquoi ? Où, quand et comment ? Ce contexte doit être inspiré des Trois Piliers.

Une fois le contexte de l’action posé, il convient de maximiser l’application des sept Critères :

Ces sept critères fonctionnent ensemble et doivent être optimisés chaque fois que cela est possible dans toute action, tout projet, tout design, toute entreprise quelle qu’elle soit.

Les mille Œuvres

Aureïa ne peut pas être approchée sans une volonté forte de la manifester dans la réalité. Cela demande un engagement total des Auréens (ceux qui manifestent Aureïa), des prises de risque, des passages à l’acte.

Chaque action doit être faite dans le respect de la doctrine auréique et peut faire l’objet d’une étude, d’un recul, d’une remise en question.

Les mille œuvres auréiques à même d’être réalisées dans le monde peuvent autant provenir d’un individu seul que d’une communauté nombreuse. Toutes les actions qui manifestent effectivement Aureïa comptent.

Si Aureïa est une doctrine qui pose strictement ses caractéristiques, elle ne déroge pas au pilier de la Liberté. Ainsi, les spécificités des êtres du monde peuvent produire des actions et des cultures auréiques différentes, variées, comme autant de tentatives sincères de manifester Aureïa.

Il y a donc dans la doctrine une universalité souple, qui ne cherche ni à contraindre, ni à s’amollir. La direction donnée est claire mais les chemins pour la suivre peuvent être nombreux. Cela dépend de ce que les Auréens considèrent juste.

Questions fréquentes

Si Aureïa est une religion, quel est son rapport à Dieu ?

Dans la doctrine auréique, Dieu est la Loi de l’existence. C’est le fait que le monde soit, avec ses règles. Aureïa est, au sein de cette existence, une doctrine destinée à favoriser le bonheur pour tous les êtres. On peut aussi parler de Lumière.

Il s’agit d’une religion car c’est une doctrine prescriptive, qui cherche à montrer une voie spécifique. Elle est totalement compatible avec la science et n’invoque aucune notion surnaturelle. Elle n’a pas besoin de foi ou d’arbitraire. Elle peut être entièrement justifiée rationnellement à l’exception de l’existence même, qui ne peut qu’être admise.

Cette prescription est entendue d’origine humaine et a pour caractéristique importante de questionner les limites de la Loi, ce qu’il est possible d’infléchir en faveur du bonheur et ce qu’il est impossible à dépasser.

Peut-on suivre la voie auréique comme un élément de doctrine supplémentaire à ses propres valeurs, sa propre spiritualité ?

Pour suivre une voie, il faut l’embrasser pleinement, devenir Auréen demande de s’engager sincèrement et complètement dans la quête auréique. Tant que des engagements non spécifiquement prescrits par les enseignements auréiques ne contreviennent pas à l’esprit d’Aureïa, ils peuvent être tenus et conservés comme tels. Mais dès lors qu’ils s’opposent par leur nature aux Trois Piliers, il est nécessaire de les abandonner.

Comment appelle-t-on une doctrine incompatible avec Aureïa ?

Ce qui éloigne d’Aureïa est dit agonique. Il s’agit de toute activité, pensée, projet, opinion ou autre ne respectant pas pleinement les Trois Piliers auréiques. Est dit agoniste celui qui est engagé sur le chemin d’Agonia, le chemin contraire à Aureïa, le chemin de l’agonie.

Les doctrines et comportements agoniques comportent tout ou partie des trois piliers de l’agonisme (Agonia) : l’Ignorance, la Servitude et la Laideur. Toute chose renfermant ces aspects est agonique et devient véritablement agoniste lorsqu’elle se fait incarnation dynamique pour les réaliser.

Comment doit-on traiter les adversaires d’Aureïa ?

Les êtres agoniques doivent être traités de façon à ce que leur opposition à Aureïa ne nuise pas à l’épanouissement des êtres auréiques. Cela demande du pouvoir et de l’autorité sur le monde. Ils ne doivent cependant pas être haïs car tous sont à même d’embrasser un jour la voie auréique. Il est néanmoins important de ne pas laisser leur obscurité déborder de leur espace d’expression, pour ne pas qu’elle abîme les êtres de façon injuste, qu’ils soient auréiques ou non.

Lorsque l’épanouissement des êtres auréiques est garanti, il est alors possible de consacrer de l’énergie et des ressources aux êtres agoniques, en leur proposant de suivre la voie auréique. Il est important de ne rien forcer, de simplement garder une porte ouverte dans un cadre sûr. Il est aussi important de s’assurer que les ressources sont utilisées pour une bonne raison, inutile de dépenser de l’énergie pour des êtres qui s’obstinent dans l’agonie. Seuls ceux qui s’engagent véritablement sur le chemin auréique méritent d’être soutenus chaque fois que c’est possible, sans compromettre la lumière des Auréens.

Il est important de ne pas se croire soi-même comme au-dessus des autres et comme ayant toujours raison. Il est important de se rappeler que des chemins agoniques peuvent mener à Aureïa et que ce qui peut parfois apparaître comme indésirable peut s’avérer finalement précieux.

De façon similaire, il peut arriver que des personnes certaines de suivre le chemin d’Aureïa soient en réalité dans une démarche agonique. C’est pour cela qu’il ne faut jamais définitivement condamner une personne ou un comportement et garder un petit doute salvateur en toutes circonstances. C’est un garde-fou au fanatisme et à l’aveuglement.

Cette approche demande courage, autorité, bienveillance, lucidité et humilité tout à la fois.

Comment les êtres non humains sont-ils considérés par l’auréisme ?

Tout ce qui existe est digne de respect et de bienveillance, qu’il s’agisse d’un être humain ou non, qu’il s’agisse d’un être biologique ou non. Il n’y a pas de distinction de principe entre une pierre, un humain, une intelligence naturelle ou artificielle, un robot, un chat, un arbre, une étoile. Tous sont dignes de respect et de bienveillance.

Dans la pratique, il est souvent nécessaire de hiérarchiser nos priorités entre le bonheur des êtres que nous souhaitons privilégier et celui des autres êtres. Aureïa admet ce besoin normal et invite simplement à respecter la trajectoire des autres êtres, sans haine ni ressentiment, conformément au pilier de Liberté.

Il est aussi crucial de comprendre qu’ordonner ses priorités permet de sécuriser des espaces auréiques qui pourront ensuite inspirer le monde. Avant de pouvoir guider les navires, un phare a besoin de bases solides.

Étant donné que la Loi nous impose de sacrifier certains êtres pour accomplir certains projets, il est important que cela se fasse de façon à la fois assumée, consciente et la moins agonique possible. En effet, toute création implique un sacrifice et la Beauté ne se trouve ici que dans l’acte juste et suffisant, celui qui permet de manifester Aureïa de la plus idéale des façons.

Il n’y a pour cela pas de recette miracle, seule l’observation attentive du monde permet d’identifier ce qui sera bon et juste.

Les auréistes ont-ils un régime alimentaire particulier ?

De par la pluralité des êtres humains et leurs spécificités biologiques, il n’est pas souhaitable d’uniformiser les habitudes à ce point. Certains peuples ont besoin de certaines alimentations et c’est ainsi. L’important est de toujours considérer l’alimentation dans ce qu’elle procure de juste et suffisant, favorable au bonheur du plus grand nombre.

En cela, les comportements d’excès (ascèse, gloutonnerie, ébriété, etc.) doivent être limités à des expériences spécifiques d’exploration de soi mais ne doivent jamais devenir une norme culturelle permanente, de même qu’une idée fixe d’un certain type seulement d’alimentation ne devrait pas devenir un dogme irréfléchi. Cela serait contraire aux Trois Piliers.

De plus, puisque s’alimenter implique de sacrifier des êtres, il convient d’aborder l’alimentation de façon juste et suffisante, dans le respect de soi-même et des êtres qui servent notre santé et notre vie.

Il est aussi à comprendre qu’un même être peut adopter plusieurs régimes alimentaires différents au cours de sa vie.

Un approfondissement des connaissances des besoins physiologiques en fonction des contextes couplée à la volonté renouvelée de minimiser la souffrance de tous les êtres concernés est la voie à suivre.

La violence peut-elle être auréique ?

La violence est une souffrance causée à soi-même ou à autrui. En cela, il convient d’être attentif et lucide sur un point : la souffrance occasionnée produit-elle un plus grand bonheur au final ou non ?

En effet, lorsque nous retirons une épine plantée dans notre doigt et qui en a infecté la chair, nous nous causons à nous-mêmes une souffrance. On pourrait dire que nous nous faisons violence. Cependant, le but de cette action est de réduire globalement la souffrance que nous causerait une infection prolongée de notre doigt et de nous préserver de conséquences négatives sur notre santé.

Nous causons ici une douleur, particulièrement vive, une forme de souffrance donc, mais notre action s’avère positive dans l’ensemble. C’est ce qu’il convient de retenir.

Cela amène une vigilance importante : puisque causer de la souffrance peut parfois être une solution pour un plus grand bonheur, il convient d’être le plus certain possible que l’action violente opérée maximisera les chances d’une issue positive. En effet, le risque à partir de cette connaissance est de se persuader soi-même que la violence que nous employons sur nous-mêmes ou sur autrui cache forcément un bilan positif. Ce n’est pas toujours le cas.

De façon générale, la violence agonique, celle qui produit plus de malheur que de bonheur, survient lorsque les frustrations des êtres ne sont pas correctement gérées. Ces frustrations peuvent être dues à un problème d’identification des besoins, d’expression des besoins, de compréhension des besoins ou de résolution des besoins.

En effet, un besoin éprouvé n’est pas toujours un besoin exprimé, qui n’est pas toujours un besoin entendu, qui n’est pas toujours un besoin comblé. Il s’agit là de quatre aspects différents qui devront être menés de concert pour minimiser les risques qu’une frustration se transforme en violence agonique.

Il sera d’ailleurs pertinent, comme pour toute chose identifiée comme agonique, de ne pas rejeter cette dernière par principe, sans chercher à comprendre les raisons de son apparition. Au contraire, l’émergence d’un comportement agonique au sein d’une communauté qui se dédie à Aureïa doit être observée comme un signal d’alerte. Celui-ci ne traduit pas nécessairement une réalité catastrophique mais doit inviter à l’attention et à la précaution. Les personne sources d’agonie doivent être gérées de façon adaptée et il faut, autant que faire se peut, ne pas négliger la violence qu’elles infligent à elles-mêmes et à autrui.

Comment vivre une sexualité auréique ?

La sexualité doit être comprise comme une activité source de plaisir et parfois de vie. Elle doit être vécue à la mesure des besoins des êtres : certains en ont peu besoin, d’autre beaucoup. Elle ne doit cependant jamais devenir une addiction aveuglante qui éloigne d’Aureïa. Les plaisirs sexuels font partie des activités sensuelles porteuses à la fois de délices et de perditions. Elles peuvent tout à fait rendre heureux comme elles peuvent rendre malheureux.

Aucune pratique n’est particulièrement déconseillée par principe mais il convient de garder en mémoire que l’accouplement d’un homme et d’une femme ainsi que la nature l’a conçu est à même de donner lieu à une fécondation et que c’est la seule façon naturelle de le faire.

En cela, il serait idéal de ne pratiquer de sexualité qu’avec des partenaires vis-à-vis desquels nous sommes capables d’engagement, car la sexualité est une activité qui touche profondément l’être, physiquement, émotionnellement, biologiquement et qui peut engendrer des enfants qui auront généralement besoin de leurs parents pour grandir dans de bonnes conditions ou tout du moins d’une communauté aimante et saine.

L’auréisme reconnaît également la télégonie comme une réalité, particulièrement chez les femmes. C’est pour cette raison qu’un choix méticuleux des partenaires sexuels devrait être effectué pour les personnes souhaitant avoir des enfants, car les relations précédemment consommées auront un impact sur eux.

Les sexualités non hétérosexuelles sont par ailleurs acceptées de la même façon que la sexualité hétérosexuelle, c’est-à-dire tant qu’elles ne nuisent pas aux Trois Piliers.

De façon générale, si le sexe est vécu comme une obsession, une addiction, un anti-dépresseur seulement, une fascination morbide, cela signifie que l’on s’éloigne d’Aureïa et que l’on risque de manifester une sexualité agonique.

Quelle est la position d’Aureïa vis-à-vis de la contraception et de l’avortement ?

Comme pour toutes les choses, il convient de mesurer la balance coûts-bénéfices sous un angle auréique.

Les dispositifs contraceptifs connus et permanents ont tous des effets secondaires sur le corps et l’expérience de la sexualité. En cela, ils peuvent constituer parfois des véritables objets agoniques. Ils altèrent le système hormonal des femmes et aussi des hommes, ils peuvent introduire des micro-plastiques dans le corps et autres invasions chimiques loin d’être anodines.

Idéalement, il faudrait ne pas employer de dispositifs contraceptifs de ce genre et adapter sa sexualité en fonction des risques que nous sommes prêts à prendre de concevoir un enfant alors que le désir n’a pas été encore clairement exprimer. Il existe sur ce point plusieurs pratiques non fécondantes. Il est aussi possible de pratiquer une certaine sobriété sexuelle.

Resacraliser la sexualité et l’enfantement est assez globalement préférable dans le cadre de la doctrine auréique, car ces deux éléments, étroitements liés, ont souvent été salis par le monde agonique, soit parce qu’ils ont été présentés comme insignifiants, soit parce qu’ils ont été surconsommés sans amour et sans sagesse.

De façon identique, l’avortement est à proscrire au maximum. Il existe cependant des cas à considérer soigneusement : les fécondations issues de viols, les cas de risque vital pour la mère et parfois l’enfant avec et les cas de surpopulation.

En effet, si l’on peut émettre des idéaux de perfection dans un contexte auréique, la Loi continue de s’appliquer sur nos existences et il est nécessaire de faire avec les circonstances.

Une communauté trop peu peuplée ou trop peuplée doit faire face à des risques imminents et l’on doit alors considérer la question du moindre mal. Un avortement est à reconnaître comme un meurtre, car il s'agit bien de la destruction d'une vie en développement, mais limiter une population en croissance excessive peut aussi empêcher de grandes souffrances (violences, famines, épidémies, etc.).

Idéalement, une éducation favorable à la maîtrise de la sexualité et de la fécondation doit permettre d’éviter ces cas extrêmes mais la réalité n’est pas toujours idéale et amène parfois à faire des choix difficiles.

Ceci étant dit, l’avortement de confort, le plus courant, est absolument agonique dans son essence et contraire à Aureïa.

Tout d’abord, il s’agit d’un meurtre justifié parfois par des raisons légères. Ensuite, il est souvent opéré par la mère seule, sans l’avis du père ou de la société.

En effet, l’idée que la mère qui porte l’enfant est la seule responsable du devenir de celui-ci et peut donc également disposer de sa vie est un égarement philosophique inacceptable.

Une mère porte un enfant, un être en train de devenir, un être véritable. Toute délimitation ultérieure à la fécondation est abstraite et réduit généralement la vie à des notions d’influx nerveux et de cognition. C’est une erreur d’un point de vue auréique car toutes les choses méritent le respect et la bienveillance.

La seule limite acceptable à l’idée de "non-enfant" est tout simplement qu’il n’existe pas. Dès lors qu’une fécondation a lieu, le processus biologique de la vie est enclenché. Cela ne doit pas être nié.

De plus, un enfant n’est pas la propriété exclusive de la mère ou même des parents. Naître dans une société, c’est de facto appartenir à cette société, profiter de ce qu’elle offre, offrir quelque chose en retour, parfois supporter ce qu’elle contient d’indésirable mais aussi œuvrer à son évolution pour qu’elle devienne plus saine.

En cela, un enfant à naître dans une communauté, c’est une question partagée par tous les membres de cette communauté, de façon inégale bien sûr mais néanmoins réelle.

Une société qui banalise l’avortement en le reléguant à la discrétion seule des mères s’expose au risque de disparaître numériquement et cela peut tout à fait constituer en soi un grand crime agonique.

Afin de minimiser le plus possible ces égarements comportementaux, il convient de nourrir une éducation saine et sacrée à la sexualité et à l’enfantement. Ne pas présenter ces derniers comme des amusements seuls ou des broutilles. Une sexualité peut certes être joyeuse et décomplexée mais ne doit pas être assimilée à un passe-temps sans conséquence ou à une raison de vivre en soi. De même que l’enfantement peut parfois être angoissant ou difficile, mais il ne doit pas être résumé à un embêtement ou à une privation de liberté.

Aussi, il est important pour une société auréique de faciliter les dispositions matérielles pour accueillir et élever un enfant. Les difficultés matérielles ne devraient jamais être la raison pour ne pas avoir d’enfant ou, pire, avorter. Il est normal et sain de se sentir concerné par le fait que des personnes partageant notre environnement aient des enfants, car cela s’inscrit automatiquement dans la direction d’ensemble de la communauté dans laquelle nous vivons ou pour laquelle nous avons des intentions.

Enfin, en cas de surpopulation, la solution idéale réside aussi dans l’éducation et la retenue, dans le fait de parvenir à faire passer les objectifs auréiques avant ses propres désirs personnels ou tout du moins de trouver un compromis fonctionnel entre les deux.

De quelle façon vivre l’auréisme au quotidien ?

L’auréisme peut être vécu, incarné et promu à travers n’importe quelle activité et auprès de n’importe qui. Une personne souhaitant suivre le chemin d’Aureïa le fera dès lors qu’elle s’appliquera dans sa vie à agir de façon auréique, en respectant les Trois Piliers et les Sept Critères.

Ensuite, plus la façon de faire d’une personne sera auréique dans tous les aspects de sa vie, plus cela signifiera qu’elle avance sur le chemin d’Aureïa. Il convient cependant de ne jamais se croire parfait dans sa démarche car il est tout à fait possible de s’égarer en chemin en pensant suivre Aureïa alors que ce n’est pas le cas, comme il est possible de rebrousser chemin et d’adopter à tout moment un mode de vie agonique.

Rien n’est jamais acquis.

Doit-on promouvoir activement Aureïa ?

Il n’est pas souhaitable d’adopter une démarche prosélyte à propos d’Aureïa. Il convient en premier lieu de se rectifier soi-même pour représenter par sa propre existence la meilleure version auréique de soi. Ensuite, lorsque les moyens disponibles le permettent sans menacer ses propres acquis auréiques, il est possible d’informer autrui sur l’existence de la doctrine et des activités afférentes.

Il convient de rester sobre et respectueux et de ne pas considérer un refus comme une forme de faiblesse ou d’infériorité. Chacun suit son chemin.

Qu’en est-il de la vie communautaire ?

L’auréisme peut être vécu de façon solitaire ou communutaire. Puisque l’humain est un être social, il est attendu que des communautés auréiques existent. Celles-ci doivent être constituées de façon soigneuses et patientes. Un garant de la doctrine doit y figurer. Il est appelé arbitre. Un petit cercle d’un à dix décisionnaires maximum doit aussi être présent au sein de chaque communauté. Ils sont appelés les gardiens. Cette structure directive a été déterminée par la pratique.

Aureïa reconnait que la Loi conduit à former des hiérarchies dans le monde et que ce n’est pas tant l’existence d’une hiérarchie qui pose problème qu’une structure dirigeante déficiente.

Nous avons tous des caractéristiques différentes, ce qui implique des forces et des faiblesses.

Une communauté harmonieuse est celle qui est capable de combiner les forces et les faiblesses de chacun pour en produire la plus haute signifiance auréique. En cela, l’identification de personnes aptes à diriger un groupe pour le meilleur est primordiale.

La façon de sélectionner les gardiens et de les amener à pouvoir exercer leur rôle est à la discrétion des communautés.

Idéalement, l'arbitre doit être un homme car les hommes sont plus aptes à incarner les principes de façon pure et impersonnelle mais en cas de déficience masculine sur ce point, une femme peut devenir arbitre selon la logique du meilleur compromis.

Par ailleurs, l’arbitre ne participe pas directement aux décisions de la communauté, il observe attentivement son devenir et intervient lorsque la doctrine n’est plus respectée et que les gardiens ne s’en aperçoivent pas. L’arbitre est le cœur battant d’Aureïa au sein d’une communauté et il doit être doté d’une grande sagesse et d’une connaissance fine de la doctrine.

Révoquer un arbitre doit se faire à l’unanimité de la communauté. Il s’agit d’une mesure exceptionnelle. Un arbitre peut en outre laisser sa place à un autre arbitre s’il sent qu’il n’est plus apte à poursuivre sa mission.

En dehors de cette structure de base, considérée nécessaire, les différentes communautés sont libres de choisir les modalités qui seront les plus adaptées pour elles.

La taille d’une communauté n’est pas non plus spécifiquement définie.

Quelle est la position d’Aureïa sur la question du genre ?

Aureïa reconnaît biologiquement la présence ou l’absence du chromosme Y, soit des hommes (présence) ou des femmes (absence). Cette dichotomie inclut également les cas ambigus, qui demeurent des combinaisons X et Y.

D’un point de vue psychique, le chemin qu’une personne emprunte peut conduire à toutes sortes d’expériences, opinions, ressentis, certitudes même. Tant que ceux-ci ne contredisent pas les Trois Piliers fondamentaux d’Aureïa, ils ne représentent aucun problème en soi.

Une opinion non supportée par des faits tangibles n’est en revanche pas une raison suffisante pour reconsidérer la réalité. Si un homme biologique est persuadé d’être une femme, cela n’est pas suffisant pour qu’il en soit une. De même qu’une femme biologique persuadée d’être un homme n’en est pas un.

Redéfinir la réalité en fonction de ses propres certitudes et en dépit des éléments tangibles auxquels nous avons accès est un mépris direct de la Loi et une opposition au principe de Vérité.

À quoi ressemble une famille auréique ?

Il n’y a pas de prescription spécifique de ce à quoi doit ressembler une famille pour incarner au mieux Aureïa. Ce qu’il convient de garder à l’esprit, c’est la qualité de la fidélité aux Trois Piliers : Vérité, Liberté et Beauté.

En règle générale, les enfants auront besoin de leurs parents pour aprréhender le monde, se l’approprier de façon saine. Il existe donc sur ce point une hiérarchie attendue des parents sur les enfants. Les parents sont les adultes, ils comprennent mieux le monde que leurs enfants sur la plupart des questions. Ils peuvent intervenir pour protéger l’enfant de lui-même ou de son environnement, ils sont là pour le guider, lui transmettre des valeurs, lui permettre de profiter d’espaces d’exploration et d’épanouissement personnel.

L’enfant n’est pas roi, il s’inscrit dans une continuité familiale et communautaire et il est normal d’attendre de lui certaines choses au sein de la famille, comme le respect de certaines valeurs et de certaines limites. Il demeure cependant un individu à part entière et doit pouvoir aussi trouver sur son chemin des ressources favorables à son bonheur et à la découverte de qui il est.

Dans la doctrine auréique, hommes et femmes sont différents mais cela ne présage pas nécessairement d’une autorité plus idoine de l’un sur l’autre. En fonction des circonstances, des caractères mais aussi des temporalités, le père de famille pourra exercer l’autorité sur son foyer ou bien la mère de famille ou bien les deux parents selon les espaces et les moments. Il n’existe pas de recette universelle sur ce point pour s’assurer d’honorer Aureïa. Chaque famille peut trouver son propre équilibre lumineux.

Il n’est pas non plus exclus qu’une famille réunisse plus de deux personnes amoureuses. Si le couple est un marqueur culturel très fort dans de nombreux pays du monde, il n’est pas une obligation auréique en soi. Comme toujours, c’est l’observation lucide du monde qui permettra de déterrminer si une structure familiale favorise la Vérité, la Liberté et la Beauté ou non.

À quoi ressemble l’école auréique ?

L’école auréique est un espace de ressources cognitives et physiques où se rencontrent des personnes qui souhaitent apprendre et des personnes qui souhaitent transmettre.

Il n’y a pas d’âge théorique particulier pour entrer ou sortir d’une école. Il n’y a pas de programme type attendu. Cela dépend des contextes, des cultures, des temporalités.

Dans certains contextes, les communautés ont besoin de former rapidement des enfants performants et pourront ainsi mettre en place des programmes exigents et intenses. Mais cela n’est pas nécessairement une façon parfaite de faire.

Ce qui compte, là encore, c’est l’observation attentive que la société dans laquelle nous vivons se montre auréique ou non et la façon dont l’école mise en place par cette société en influence le destin.

Il convient aussi de préciser que, chaque fois que c’est possible, une école auréique doit offrir un maximum d’opportunités d’apprentissage pour toutes les personnes motivées pour apprendre.

Il n’y a, à ce propos, aucune limite de principe à vouloir apprendre de nouvelles choses une fois adulte. Au contraire, le pilier de la Vérité invite à actualiser régulièrement ses connaissances, pour peu que cela ne cause pas trop de souffrances par ailleurs.

Un apprentissage se fait idéalement en présentiel. Un apprentissage indirect, parfois dit "à distance", ne doit être envisagé que s'il apparaît contextuellement comme plus auréique qu'un apprentissage physique.

Quelle la position d’Aureïa vis-à-vis du nationalisme ?

Tant que le nationalisme favorise les Trois Piliers, il est acceptable, sitôt qu’il les menace, il est inacceptable.

Aureïa reconnaît le besoin et la nécessité de vivre en harmonie avec son environnement et avec les siens, d’une façon qui implique une forme d’homogénéité culturelle et génétique minimale. C’est ainsi que la Loi est faite et cela s’observe dans la nature et la biologie même.

Dès lors qu’une vie auréique avec les siens est garantie, il est envisageable de proposer Aureïa au monde. Mais il convient que chaque communauté qui le désire manifeste Aureïa dans son propre environnement et dans la plus grande harmonie possible avec celui-ci. Il est dangereux de vouloir agréger à sa propre communauté des personnes extérieures au point d’en fragiliser les fondements.

Que ces nouveaux venus soient auréiques ou non ne change rien à la question, car une multiplicité des cultures, des repères, des valeurs, des réflexes et des structures mentales et biologiques tend à former des disharmonies locales qui affaiblissent la communauté d’origine et produisent généralement de la souffrance et de la violence. Une communauté ainsi affaiblie aura plus de mal à incarner Aureïa et peut même simplement risquer de disparaître.

En cela, la doctrine auréique s’oppose à toute forme de migration massive et incontrôlée et plus largement au mélange inconsidéré des cultures et des génétiques. Elle prône au contraire la constitution d’espaces de vie et de paix pour chaque peuple, où qu’il se trouve.

Il n’est pas dit que ces besoins d’harmonies localisées soient immuables de toute éternité mais il est indispensable d’en considérer les contours dans les contextes qui nous concernent pour ne pas adopter de doctrines agoniques sans s’en apercevoir.

Quelle la position d’Aureïa vis-à-vis du mondialisme ?

Le mondialisme en tant que doctrine visant à uniformiser les façons de faire de l’être humain dans le monde entier est indésirable et contraire à la Loi, qui génère des spécificités locales au sein desquelles peuvent s’épanouir des vies auréiques.

Il agit ainsi en contradiction des piliers de Liberté et de Beauté. Il n’est pas dit qu’il en sera toujours ainsi mais il est néanmoins avéré que le mondialisme sait produire de la souffrance et de la laideur.

La mondialisation est en revanche un phénomène moderne incontournable et la vision mondiale d’une recherche de pouvoir l’est tout autant. En cela, la doctrine auréique ne cherche pas à nier la tendance suprémaciste de certains peuples parmi les plus aptes à dominer le monde. Ce phénomène semble être l’aboutissement spontané d'une certaine humanité et il est même possible de considérer cette attitude au-delà de la planète Terre.

Sur ce point, l’auréisme vise à garantir que les Trois Piliers fondamentaux ne soient pas menacés et cela peut à la fois passer par des dynamiques locales favorisant la Liberté autant que possible, y compris en opposition à un pouvoir mondial qui serait agonique et à une autonomie minimale, que par le soutien à des suprémacismes auréiques.

Car, à l’instar du principe hiérarchique, ce n’est pas tant le pouvoir lui-même qui risque de menacer Aureïa que la façon dont il est exercé et donc, généralement, par qui il est exercé et quelles sont ses structures d'application.

Quel est le rapport de l’auréisme au handicap ?

Un handicap est une caractéristique reconnue comme aliénante : en théorie, on préfère s'en libérer. La vie génère toutes sortes de handicaps et il est important de les considérer pour y remédier de la façon la plus juste possible. Il est très rare qu'une personne souffrant d'un handicap ne puisse rien apporter aux autres. Nous reconnaissons à ce propos l'importance pour l'humain de participer à la société dans laquelle il évolue. Ainsi, une attention particulière doit être portée aux solutions qui permettent à un maximum de personnes de pouvoir participer en offrant quelque chose d'utile à leur communauté. La seule limite à cette approche est la survie même d'un groupe auréique. Dans les faits, il est presque toujours possible d'inclure le handicap dans le fonctionnement collectif. Il peut même apporter certaines choses inestimables car il permet à certaines personnes de confronter leur volonté de soins et d'entraide. Il peut conduire une société à améliorer ses structures d'entraide à questionner ses valeurs. D'un point de vue médical, la prévention du handicap est toujours préférable à une intervention ultérieure, souvent pénible et nécessitant parfois de grands moyens techniques. Il en est de même pour la santé de façon générale.

Quel est le rapport de l’auréisme au travail ?

Le travail est une activité productive. Il doit servir à contenter soi-même et les personnes de la communauté auréique. Idéalement, toute personne devrait effectuer un travail épanouissant. Mais cet épanouissement n'est pas seulement dû à la nature du travail lui-même qu'au sentiment qu'il participe à répondre aux besoins de personnes que l'on estime. La traduction de l'effort par le pécule seul n'est pas reconnu comme sain car il induit mécaniquement une logique de souffrance pour une valeur qui ne prend sens que dans la consommation mercantile.

Les inégalités de compensation d'un travail sont acceptables dans la mesure où certaines personnes apportent plus que d'autres à la société (soit parce que leurs compétences sont à la fois rares et importantes, soit parce qu'elles travaillent davantage). Mais cette règle doit être limitée : personne ne devrait être exclu d'une communauté tant que sa présence ne nuit pas à la poursuite d'Aureïa, c'est-à-dire tant qu'elle ne présente pas un comportement parasitaire ou perturbateur. Une personne qui travaille peu, soit parce qu'elle ne peut pas faire plus, soit parce qu'elle ne le désire pas, est acceptable dans la mesure où elle apporte au moins autant qu'elle prend à la communauté.

Il convient aussi de revoir ce qui est réellement considéré comme de valeur dans les transactions. Une personne drôle mais qui est peu productive peut avoir plus de valeur dans une société qu'une personne très productive de biens qui induisent une aliénation. En cela, les considérations auréiques sont complètement indépendantes du marché moderne courant, reconnu comme profondément aliénant.

En ce qui concerne les enfants, il est attendu qu'ils participent à la vie de la communauté dès qu'ils le peuvent, principalement afin de leur transmettre des valeurs de justice dans les efforts fournis. Cependant, il est attendu que les enfants, les femmes enceintes, les anciens et les personnes souffrantes peuvent ne pas être très productifs pour une période donnée. Cela est à prendre en compte dans la notion de justice dans les efforts fournis. Il faut cependant rester vigilant à ce sujet car si la consommation (au sens le plus large) dépasse la production (au sens le plus large également) au sein d'une communauté, la communauté s'effondre. Le degré de productivité d'une communauté peut aussi déterminer son devenir dans un contexte spécifique, notamment concurrentiel avec d'autres communautés qui seraient agoniques.

Quel est le rapport de l’auréisme à la mort ?

La vie après la mort est considérée comme un sujet non clos. Les recherches scientifiques en cours n'ont pas abouti à de certitudes. Celles portant sur la réincarnation retiennent notre attention mais aucune conclusion ferme n'a encore été formulée.

La mort en tant que phénomène vécu par des vivants conduit assez naturellement à procéder à des rituels, notamment de deuil. Respecter les morts va de soi, dans la mesure où la tradition auréique prône le respect de toute chose. Il est important aussi de respecter la souffrance des personnes en deuil, en leur octroyant une présence compatissante et du temps. Les façons de faire son deuil sont variées, en dehors du respect des uns des autres, il n'existe pas de bonne attitude face à la mort : certains resteront silencieux, certains auront besoin de continuer leur travail, d'autres auront besoin de voyager, d'autres de parler abondamment, etc. Il est important de trouver un équilibre entre la reconnaissance de notre mortalité et de celles des autres et le fait de ne pas en faire une source d'affliction chronique.

Qu’est-ce qu’une médecine auréique ?

Une médecine auréique répond aux critères du design auréique. Elle doit être la plus efficace possible, la plus simple possible, la plus accessible possible, la plus transparente possible, la plus prévisible possible, la plus réversible possible et enfin la plus satisfaisante possible.

Dans les faits, une médecine efficace serait déjà un grand progrès vers Aureïa. Cependant, les autres critères doivent être respectés au maximum car ils garantissent qu'une telle médecine puisse perdurer dans le temps et limitent les décisions agoniques (par exemple, confisquer les remèdes ou infantiliser les personnes en souffrance).

L'exercice rigoureux de la science permet de déterminer ce qui, dans notre médecine actuelle, mérite d'être considéré comme auréique ou non. En pratique, la médecine conventionnelle actuelle est très agonique et la tradition auréique s'inscrit dans une démarche très critique à son encontre.

L'auréisme ne prône cependant pas de médecine particulière parmi celles existantes et les recherches sont en cours. Le principe prophylactique est considéré comme supérieur au principe curatif mais ces deux approches restent nécessaires et de nombreuses activités dédiées à la santé présentent des solutions ou des pistes de solutions manifestement pertinente. Trier ces dernières est un exercice nécessaire mais aussi long et délicat.

Une personne qui travaille dans le domaine de la santé ne devrait jamais le faire pour des raisons autres que l'exercice raffiné de son art. En cela, le mercantilisme médical est inacceptable, de même que certaines différences salariales courantes entre professionnels de santé. Idéalement, une communauté auréique sait reconnaître la valeur de ses membres et sait donc reconnaître la valeur de ses praticiens de santé. Il est aussi important de comprendre que tout le monde ou presque a une responsabilité quant à sa santé et celle de sa communauté. Vivre en bonne santé demande une implication personnelle et aussi familiale et communautaire en ce qui concerne les enfants, les anciens, les femmes enceintes, les personnes souffrantes.

Qu’est-ce qu’une économie auréique ?

Une économie auréique répond aux critères du design auréique. Elle doit être la plus efficace possible, la plus simple possible, la plus accessible possible, la plus transparente possible, la plus prévisible possible, la plus réversible possible et enfin la plus satisfaisante possible.

Le principe économique a pour but de fluidifier les transactions au sein d'un groupe humain. Sa mise en place pose cependant parfois des problèmes, notamment lorsque celle-ci ne dépend que d'une poignée de personnes, souvent agoniennes.

Les solutions retenues pour favoriser une économie auréique sont d'abord de mieux reconnaître la valeur des choses, y compris des choses immatérielles, distinguer ce que l'on souhaite inscrire dans un échange de ce que l'on donne volontiers parce que l'existence du destinataire suffit à la transaction et enfin distinguer si la transaction concerne ou non une personne auréique. Idéalement, il faudrait toujours privilégier ce qui sert le mieux Aureïa : d'abord sa propre communauté auréique, puis d'autres êtres auréiques puis, à défaut, les êtres non auréiques qui sont disposés à commercer ce dont nous avons besoin.

Les modes d'échanges privilégiés sont le troc, la reconnaissance de dette, des systèmes monétaires autonomes (recherches en cours) et, à défaut, les systèmes monétaires existants dont la plupart sont agoniques. Le don contre don (générosité réciproque, souvent différée et sans comptabilité) reste considéré comme la forme la plus noble de l'échange, car c'est une forme de dévotion réciproque mais il n'est raisonnablement applicable qu'entre personnes auréiques de confiance.

Enfin, le principe économique dépend autant de la façon d'échanger que de la façon de produire et de consommer. Comparativement à l'économie mondialisée moderne, l'économie auréique prône une relocalisation des productions et une plus grande autonomie productive.

Qu’est-ce qu’une justice auréique ?

Une justice auréique répond aux critères du design auréique. Elle doit être la plus efficace possible, la plus simple possible, la plus accessible possible, la plus transparente possible, la plus prévisible possible, la plus réversible possible et enfin la plus satisfaisante possible.

Une justice auréique n'est pas une justice de punition mais une justice de protection. Elle sert à préserver le bonheur de la communauté auréique. Les peines prévues n'ont pas pour but de faire souffrir une personne reconnue coupable mais de la mettre hors d'état de nuire et de lui permettre de cheminer vers Aureïa.

Idéalement, les centres de détention devraient être de petits villages enclavés avec leurs lieux de travail, de connaissance, d'introspection, de rencontres, etc. La seule différence est la surveillance des comportements lorsque cela est nécessaire pour prévenir une récidive. La resocialisation serait possible mais organisée avec précaution. Les cas les plus désespérés pourront donner lieu à un questionnement communautaire sur la question de l'ostracisme et de la peine de mort, car une personne à la personnalité strictement parasitaire n'est pas désirable et nuit à Aureïa. Ces mesures doivent être envisagées en dernier recours mais ne devraient pas être frappées du sceau de l'interdit, car elles sont parfois nécessaires. Il faut toujours veiller à ce qu'un centre de détention apporte au moins autant à la société qu'il prend. Il n'est pas juste qu'une société souffre du poids de personnes aux comportements asociaux. Si c'est le cas, cela signifie que la société en question est agonique.

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